THENIET EL HAD....... CONTRE L'OUBLI

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Catégorie ASSOCIATION DES VICTIMES DU TERRORISME THENIET EL HAD

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madjzarate  eddiss

contre l 'oubli

liste des victime de mdjzarate eddiss commentee par mer Bahri  Rabah

 

Decennie noire ou la sale guerre   en  images

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LE  31  AOUT  2008

 

HOMMAGE AUX THENIETIENS VICTIMES DE L HORIBLE MASSACRE   dela nuit du 30 au 31 Août 1997

le massacre qui a eu lieu le 31 août 1997 OU terroristes ont mutilés et égorgé les familles qui habitaient au douar ediss a coté de la colonie des vacance de teniet et dont le nombre était 26 égorgés et 2 filles

BOUZIOINE BAKHTA ET GHARCHAIR KHEIRA,qui figurent toujours dans la liste des disparus

-Famille du defunt Bouzioine Bakhti

         Epouse Baroud Kheira

        Bakhta enlevée par le groupe terroriste

        Neveu Abdelkader

 --Famille du défunt Gharchair Larbi

     Epouse Kharbache fatma

     Aicha

     Kheira enlevée

 --  Famille du défunt Gharchair Abdelkader

     Epouse Asfoura Yamina

     Bakhti

  --Famille du défunt Reggad Lakhdar

    Epouse Gourgache Zohra

   Fils reggard boulerah terrrosiste avec sa femme

--Famille du défunt Reggad Ahmed

--Epouse Dahguène freha

   Fatiha

   Bakhta

--Famille du defunt Bensfia Adelkader

   Zahloul fatma

   Ahmed

   Nedati Khadija ne 26.09.1983

   Zahloul Abdelkader 14.10.1929

   Rissouf Boutouchent 23.04.1978

    Kharbache halima p:1964

     Messabis elfakhet p/1910

     Cheboub fatma 10.2.1953

      Hamraoui tassaadit p/1953

le chef du groupe GIA QUI A guidé cette opération c'était REGGAD Boulerbah durant cette nuit il a meme égorgé son père lakhdar et belle' mère gougache zohra et aussi durant cette nuit il attaché son frère BOUTOUCHENT avec une corde mais ne l'a pas tué , C'était son frère de lait du pere et de mère;;;

enfin aujourd'hui on compte plus de 28 orphelins dont la plupart on assisté a cette MADJZARA ;;;

en cette occasion espérons que ce jour sera considère comme un jour de recueillement de solidarité avec les famille et surtout qu on est près de la rentrée scolaire ainsi que le mois de ramadan  de prudence pour que jamais theniet el had ne vivra de telles atrocités

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au moment ou je rédigeais cet hommage j ai appris theniet continue a perdre de ses enfants a ce jour

Le fils de guernemour qui habite la cite des  200Logt un militaire a ete assassiné a Batna et son enterrement aura lieu aujourd'hui ou demain  a theniet el had

INA LILLAHI WA INA LAIHI RADJIOUNE

 

UN GRAND REMERCIEMENT TRES SPECIAL A  MONSIEUR BAHRI RABAH QUI A TOUJOURS ENCOURAGE MES INITIATIVEs ET M 'A  FOURNIT LES RENSEIGNEMENTs CONCERNANT LRS VICTIMES DU TERRORISME

                                                              le webmaster

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Actualités : THENIET-EL-HAD : 2 attentats terroristes font 1 mort et 3 blessés

Mardi dernier, la ville de Theniet-El-Had a fait l’objet de deux attentats. Le premier a ciblé le poste de la Garde communale du lieu-dit Mellala, à 6 km environ au nord de la ville, dans la zone limitrophe avec la commune de Tarik-Ibn-Ziad, wilaya de Aïn-Defla.
Selon des sources locales, mardi dernier à 9h45, une bombe de fabrication artisanale, placée tout près du détachement de la Garde communale, a explosé causant la blessure à un garde communal. Le deuxième attentat a été perpétré vers 10h45, soit une heure après, sur la route menant de Theniet-El-Had à Mellala. Cette fois, c’est un véhicule de la gendarmerie qui a été ciblé. A quelque 2,5 km à la sortie de cette commune, le véhicule, avec à son bord le commandant de compagnie et ses adjoints, a sauté sur une mine, dont la mise à feu, croit-on savoir, a été déclenchée à distance. L’explosion a tué l’adjoint au chef et blessé grièvement le capitaine, commandant la compagnie de Theniet-El-Had, qui a été évacué vers un centre spécialisé d’Alger, tandis qu’un autre gendarme a été blessé légèrement. Aux dernières nouvelles, indique-t-on, les jours du capitaine ne sont pas en danger. Cette stratégie d’un premier attentat servant d’«appât» est pourtant bien connue des services de sécurité, ce qui implique un niveau de vigilance maximum.
Karim O.

 


Posté le 29/08/2008 | 27 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

tissemsilt

Tissemsilt

Meurtrie par le terrorisme, la wilaya sombre dans l’oubli

Une beauté en friche

Situer sur une carte géographique la wilaya de Tissemsilt n’est pas chose facile pour le commun des Algériens. Cette wilaya, aussi vaste que le Liban, est née avec le découpage administratif de 1984.

Elle compte 8 daïras et 22 communes. Elle est limitée au nord par les wilayas de Chlef et de Aïn Defla, à l’ouest par Tiaret, au sud par Djelfa et à l’est par Médéa. Le terrorisme qui n’y a pas totalement disparu vient encore une fois de plonger la paisible localité de Theniet El Had dans la tourmente. Quatre jeunes fonctionnaires, natifs de la région, en mission, ont été, il y a peu, froidement assassinés au détour d’un chemin perdu. Le dénuement des hommes est total dans cette région mal située, mais le spectacle naturel des grands espaces ne laisse personne indifférent. En empruntant la RN14 reliant Tiaret à Alger, le regard n’a d’autres horizons que celui d’aller scruter au loin l’imposant massif de l’Ouarsenis et de ses forêts impénétrables... Cette route qui annonce aussi les hauts-plateaux esquisse d’immenses tracés à travers la vaste et fertile plaine du Sersou, jadis grenier à blé consacré. Entre Tiaret et Tissemsilt, qui se situe à une soixantaine de kilomètres au nord-est, le même décor champêtre accompagne le voyageur. Hormis Dahmouni, par où transitent les voyageurs à destination du grand Sud, aucun autre village ne vient casser la monotonie d’un trajet qui suscite plutôt le sommeil. Une pancarte, soudain, au détour d’un virage, remercie le visiteur de telle commune traversée. Le voyageur, désorienté, se demande comment quelques chaumières, un vieux silo à blé, une stèle de marabout et deux mulets esseulés peuvent-ils constituer une commune ? La question tout naturellement se perd dans le rétroviseur embué. En ce début d’année, dans cette contrée, le froid est comme toujours glacial. Un vent persistant et sournois accule les montagnards rugueux à s’emmitoufler au fin fond de leur qachabia de toute une existence. De temps en temps, sur la même route, on double une vieille 404 bâchée, où sont parquées à l’arrière femmes muettes et bien assises. Cette année est de bon augure pour les citoyens qui n’ont d’yeux que pour le gaz naturel qui est enfin venu atténuer les nuits du blizzard. Le gazoduc qui avance bien, venant de Aïn Bouchekif via Tissemsilt, va bientôt arriver à Theniet El Had, un village situé à 1100 m d’altitude, après avoir desservi sur son passage Khemisti et El Ayoune. Tous les foyers, avec contentement, font connaissance avec ce nouveau combustible moins cher que le mazout. Le commerce des appareils de chauffage se porte bien. Le pic d’El Medad ou celui de Sidi Slimane, enneigés durant une partie de l’année, révèlent au simple visiteur de passage que le froid, pas celui des cartes postales, est vécu ici dans la chair. On arrive enfin à Tissemsilt, une ville en plein essor urbanistique qui compte plusieurs cités d’habitation à l’architecture bien recherchée. Le logement, malgré cela, n’est pas accessible pour tous, dira un correspondant de presse natif de la région. Celui-ci ajoute que depuis les années 1995-1999, la campagne s’est dépeuplée de tous ses habitants qui vivaient paisiblement des produits de la terre. El Maâllab, Beni Chaïb, Lardjam d’El Kouacem et Had Chekala ont vu le sang couler à flots dans les oueds de cette Algérie oubliée. On affluait vers cette ville dans la précipitation et de partout, dira-t-il encore, de nuit comme de jour avec ballots, femmes et enfants pour trouver refuge dans la ville qui, même mal préparée, n’a pas pu dire non à ceux qui, pieds nus, ont fui le glaive et le sabre. Le quartier Derb, le plus vieux des quartiers, a vu en quelques années sa population quadrupler. « Des gens aisés comme ceux habitant El Kouacem en laissant sur place le fameux raisin rouge d’El Kouacem sont devenus du jour au lendemain sans patrie, sans ressources et sans gîte. Même si quelques familles ont consenti au retour, beaucoup se sont résignés à y rester. L’incertitude demeure entière et rien n’est plus comme avant », tient à préciser notre interlocuteur

Un substrat turc

Les Turcs ont laissé des traces dans cette ville, notamment à Sidi Abed et le nom qui veut dire coucher de soleil découle de cette présence furtive. L’Emir Abdelkader a aussi érigé, pour un temps, sa capitale ambulante à Taza, une bourgade perdue du côté de Theniet El Had. Les Français, au début du siècle, à leur tour, ont fait venir des bagnards soumis aux travaux forcés dans les mines de Bouçaïd et de Theniet El Had, deux régions montagneuses au climat austère et à la beauté insaisissable. Une fois élargis, nombre de ces prisonniers se sont sédentarisés dans la région, laissant pour la postérité une filiation. Bouçaïd, c’est aussi un projet pour la réalisation d’un centre pour jeunes asthmatiques tant le climat y est limpide. Des forêts à perte de vue et une montagne (Sidi Slimane) qui culmine à plus de 1300 m d’altitude ajoutent au décor ambiant un charme naturel. Juste à la sortie est de la ville de Tissemsilt sur la route d’Alger, Aïn S’fa, bâtisse centenaire, transformée en lieu de torture pour les moudjahidine et autres maquisards capturés dans les alentours ressuscite dans le recueillement le lourd tribut payé par une population fortement marquée par les exactions de l’armée coloniale. On dit que les maquisards de la IVe Wilaya faits prisonniers creusaient leur propre tombe le jour et le soir ils y étaient enterrés. Les témoignages révèlent leurs apparences traversant de nuit la route à cet endroit. Par respect pour leur mémoire, les automobilistes de passage éteignent leur transistors ou leur radiocassette à cet endroit. Les stèles gravées de noms de chahids érigées dans les places de village n’en sont que témoignage. Pour le souvenir, Bordj Bounâama porte bien le nom du chef historique que fut le commandant Mohamed Bounâama. Aïn S’fa, à l’origine une imposante ferme coloniale, a été la première bâtisse en dur construite par le baron de Vialar. Un véritable colon qui avait la mainmise sur toutes les terres d’orge, de blé et d’avoine. Des lacs ceinturaient ses terres qui s’étalaient à perte de vue jusqu’à Sidi Abed et Ouled Bessam. De nos jours, la plupart de ces terres sont en jachère et le PNDA a fait jaser beaucoup de monde. La chronique locale parle avec ironie de fellahs, faute d’avoir mené à terme leur projet, qui sont régulièrement convoqués par la justice. Ces derniers, ajoutent les mauvaises langues, après avoir délaissé la terre, se sont acheté des voitures neuves avec l’argent du PNDA. Mais il y a aussi d’autres agriculteurs qui ont transformé des terres jadis incultes en véritables fermes industrielles. A Tissemsilt et dans les villages alentour, on a construit à profusion : une piscine, des salles de jeu, des maisons de jeunes, des stades combinés et même une université... mais rien n’y fit. L’oisiveté est palpable et le désœuvrement total. Les cafés sont bondés de monde et le travail rare. Hormis les administrations, il n’y a qu’une seule unité industrielle : une usine de couvertures. De compression en compression, cette usine n’emploie désormais que peu de travailleurs. Avec l’arrivée du gaz naturel, ce combustible beaucoup moins cher que le mazout, tous espèrent voir venir des investisseurs s’installer. Les minerais existent, Ammari et Bouçaïd font à chaque fois valoir dans les prospectus pour investisseurs leurs atouts. Une station thermale, située sur un site magnifique qui active actuellement au régime local, peut à elle seule drainer beaucoup de petits investisseurs en tourisme ou en villégiature, tout comme Theniet El Had et son parc naturel classé au niveau national, fait de forêts vierges et de sources limpides. Le mouvement associatif est fort actif dans une wilaya qui compte plus de 150 000 habitants. Mais la plupart du temps, ces associations ne sont réactivées qu’a l’occasion de fêtes ou d’événements nationaux. On se bagarre comme partout pour les subsides et les faveurs. La dissidence n’est palpable que dans l’unicité. Le seul privilège accordé en matière de culture est le festival national de la poésie qui se tient chaque été à Ouled Bessem, une petite localité enclavée. Ici aussi le verbe est roi. Savoir parler est un art exercé tous les jours. Pas loin de Tissemsilt, Rechaïga, située à quelques encablures, mais rattachée à une autre wilaya, a été transformée en véritable eldorado agricole par les fellahs mascaréens qui sont venus ensemencer la terre. L’eau potable y est acheminée depuis le sous-sol de cette contrée et la ville de Tissemsilt ne connaît aucune restriction du précieux liquide. Des terres à perte de vue, jadis fertiles, faute de mains bêcheuses et de statut clair, sont devenues stériles. Un grand gâchis disent les vieux de Tissemsilt. Les jeunes, de plus en plus ceux qui en ont les moyens, partent à Mostaganem ou à Oran pour s’installer, sachant que leur avenir est incertain dans une wilaya qui a tous les atouts pour s’affranchir de sa léthargie mais qui n’arrive pas à décoller. En attendant, les interminables parties de pétanque, en passe-temps favori des jeunes et des moins jeunes, font figure d’unique consolation dans une région oubliée par le temps.

T. Lakhal


Posté le 02/06/2008 | 12 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

O N T V archives

La situation sécuritaire se dégrade à l'ouest du pays

Six gardes communaux assassinés à Tissemsilt

Cinq gardes communaux et un GLD, âgés de 33 à 59 ans, ont été assassinés la veille de l'Aïd au douar Ledjmal, à 10 km de la commune de Boutouchent, daïra de Theniet El Had, dans la wilaya de Tissemsilt, région située à proximité de la luxuriante forêt d'El Medad.



 

L'embuscade tendue par un groupe terroriste a eu lieu à 13h40, alors que les victimes s'apprêtaient à regagner la caserne après s'être approvisionnées en ville. Criblées de balles, les victimes ont été ensuite achevées, probablement à coups de cross, certaines ont été tuées à l'arme blanche. Elles ont été délestées de leurs armes, quatre kalachnikovs et deux Seminov. Même leurs tenues ont été emportées et le véhicule, une Toyota, incendié. Les corps des six victimes ont été autopsiés au service de médecine légale à l'hôpital Youssef Damerdji de Tiaret. Quatre des six victimes ont été inhumées au cimetière de Theniet El Had. Cet attentat démontre un regain d'activité terroriste qui devient inquiétant après des mois de répit et intervient quelques jours après la destruction d'une casemate entre Lazharia et Boucaïd, au pied du massif montagneux de l'Ouarsenis, à proximité de la RN19.

DEUX POLICIERS ET UN CITOYEN BLESSÉS À CHLEF

Par ailleurs, deux policiers et un civil ont été blessés mardi dans attentat terroriste perpétré à Chlef. Cela s'est passé la veille des fêtes de l'Aïd El Fitr, devant la petite recette postale de Haï El Houria, à la périphérie nord de la ville de Chlef, sur la route de l'aéroport international. Vers 22h, un groupe armé a tiré sur des policiers postés devant la poste, qui était à ce moment-là ouverte pour permettre aux usagers d'effectuer des retraites. Les deux policiers ont été blessés aux membres inférieurs, alors qu'un passant, âgé de 40 ans, a été grièvement blessé et se trouve toujours dans le coma. Celui-ci a reçu quatre balles dans le thorax et une dans le bras gauche. Selon des témoignages, les deux premières victimes ont été sauvées par leur gilet pare-balle et grâce à la riposte de l'une d'elles. On croit savoir que les assaillants, dont le nombre n'a pu être déterminé, étaient à bord de deux véhicules de marque Renault (une Express et une Clio). Une fois à hauteur de la recette postale, ils auraient fait usage d'armes automatiques avant de prendre la fuite, probablement vers la zone longeant l'oued Cheliff et les vergers agrumicoles. Là où en décembre dernier, quatre gardes communaux avaient été tués par un groupe terroriste. Le groupe armé visait-il les armes des policiers ou la recette postale ? Ce sont là les deux hypothèses qui semblent privilégiées pour le moment par les enquêteurs. Toujours est-il que cette attaque, survenue près du centre-ville de Chlef, inquiète sérieusement la population locale.



 

Par A. Yechkour, A. Fawzi

 

Suite de la série de reportages sur «les familles victimes du terrorisme et l'amnistie générale»

«L'important pour nous c'est d'avoir nos droits»

par Yasmine Ferroukhi, Le Jeune Indépendant, 5 janvier 2005

C'est sous la neige que nous quittons, en ce 28 décembre, la wilaya de Chlef en direction de celle de Tissemsilt, située à quelque 140 kilomètres à l'est, en passant par Aïn Defla. Nous empruntons une piste pour prendre des raccourcis, mais voilà que pendant presque une demi-heure nous ne croisons aucun véhicule.

Ça donne des doutes à notre chauffeur, naturellement jaseur, mais qui prolonge curieusement son silence. Enfin, au loin, nous percevons le grondement d'un vieux véhicule venant tout droit de Théniet El-Had, daïra de notre destination.

La détente… Nous entrons dans cette wilaya de 22 communes en commençant par celle de Youssoufia. A travers ses petites ruelles et ses vieilles et basses bâtisses, nous cherchons le local de l'Organisation nationale des victimes du terrorisme, l'ONTV, ancien siège du FIS dissous.

Comme prévu, son secrétaire de wilaya nous y attend. M. Bahri, doté d'une mémoire et d'une patience extraordinaires, se rappelle au moindre détail, dates et lieux précis, de tous les événements qu'a connus sa région, pour la simple raison qu'il l'a sillonnée de long en large des années durant, d'abord en sa qualité de forestier, puis en tant que Patriote, et ce, dès les premiers soubresauts du terrorisme.

Tel que nous l'avons connu, il y a trois ans : frêle, agile, l'esprit vif, infatigable, accueillant et très respecté par tous, il demeure la seule oreille attentive et patiente face à la détresse de ses concitoyens dont il connaît au détail près les conditions de vie.

A l'intérieur du local, d'immenses affiches portant la liste des victimes tapissent les murs. Photos, noms et prénoms, dates de naissance, dates et lieux des crimes, toutes situées entre 1994 et 2002, sont là pour lutter contre l'oubli.

Des massacres mémorables de civils qui ont fait 615 victimes. Notre hôte ne peut s'empêcher de nous en rappeler quelques-uns. Des massacres inoubliables Le 24 août 1997, massacre de Béni Chaïb, près de Bordj Bounâma. Vingt-huit morts ; tous des civils.

Une semaine plus tard, un autre massacre a eu lieu au lieu dit Diss : vingt-six personnes ont été égorgées dans leur domicile entre 21 et 22 heures. Deux filles ont été enlevées et l'un des rescapés a fini par rejoindre le groupe terroriste.

Celui-ci s'est par la suite repenti à Chlef, croit-on savoir. On raconte que l'un des terroristes toujours en activité a tué, cette nuit-là, son propre père, sa belle-mère et attaché son frère - incapable de comprendre pourquoi il agissait ainsi - au tronc d'un arbre, dans la forêt voisine.

Il est resté là jusqu'au petit matin. Le plus lourd bilan a été constaté lors du massacre du 24 décembre 1997, commis à Sid El-Antri : 117 morts et 11 personnes enlevées. Une véritable hécatombe ! Cela pour ne citer que les massacres collectifs de civils surpris dans leur domicile, sans oublier les assassinats quasi quotidiens opérés de manière sporadique.

Notre interlocuteur fait remarquer au passage que nombreuses sont les familles qui ne déclarent pas les cas d'enlèvement des leurs, par pudeur, se privant ainsi d'une éventuelle indemnisation dans le cas où la personne enlevée exerçait une fonction.

Ces familles tentent de se faire oublier en étouffant le crime à tout prix. La victime d'enlèvement qui réussit à échapper à ses ravisseurs ne peut alors prétendre à un quelconque soutien de la part de sa propre famille. Une famille qui se soumet, la mort dans l'âme, à la sentence de la coutume, celle de la renier définitivement.

Dans ce même local devenu un point de rencontre où s'exerce inconsciemment et spontanément une sorte de thérapie de groupe, nous retrouvons ceux que nous sommes venus voir : les parents et proches des victimes. A la question de savoir comment ils accueilleraient l'initiative de l'amnistie générale, les parents de victimes ont des réactions où se mêlent l'angoisse et l'inquiétude d'un avenir incertain.

A l'instar de leurs concitoyens de la wilaya de Chlef, parler de pardon en reléguant au second plan ce qui peut être qualifié de survie est d'une inconvenance grossière. «Il faut que l'Etat rende justice aux victimes» Un quadragénaire ayant perdu son fils nous rappelle l'épisode de la loi portant concorde civile : «On avait signé un chèque en blanc au Président.

On a marché avec lui pour dire oui à la paix, mais avec le sentiment que les auteurs de crimes de sang devaient être jugés après l'expiration du délai du 13 janvier 2000. Cela n'a pas été respecté. Alors, maintenant, on ne veut pas être trahis une seconde fois.

On ne pensait pas être traités de cette manière. Le FIS nous a détruits pour espérer arriver au pouvoir.» Un autre enchaîne : «Il est tout à fait naturel que si l'Etat ne rend pas justice aux victimes, il persistera toujours un désir de vengeance et on ne sortira pas de la spirale de la violence.

Nos enfants ont été témoins de tout. Ceux qui avaient dix ans en 1994 en ont 20 aujourd'hui. Qu'attendez-vous de celui qui a vu ses propres parents égorgés sous ses yeux ? En plus du fait de n'avoir bénéficié d'aucun soutien psychologique, ils survivent depuis au moins dix ans dans une grande misère et se demandent jusqu'à quand cela va durer.

Ils ont désespéré de tout.» Le vieux Belgacem s'insurge : «Eux ont bien refusé de pardonner aux harkis, pourquoi nous demandent-ils à nous de pardonner aux terroristes ?» Un autre l'interrompt : «Là n'est pas la question, il faut penser à l'avenir maintenant.

Il faut bien une fin à tout cela. L'important pour nous aujourd'hui c'est d'avoir nos droits. L'Etat se débrouille avec les terroristes, il en fait ce qu'il veut.» S'agissant de la liste des droits bafoués, les récits sont là pour raviver les sentiments d'abandon et d'injustice, exacerbés par la hogra.

La précarité, conséquence directe du terrorisme Il faut en effet reconnaître que si la pauvreté qui gangrène notre société est désormais un fléau que partagent de nombreux Algériens, aussi bien citadins que ruraux, et qu'il est inutile de masquer, elle est aussi la conséquence directe du terrorisme.

Les cas que nous avons rencontrés dans cette contrée en sont les meilleures illustrations. Ecoutons-les : Bensafia Mohamed, 56 ans, vit avec 18 personnes à sa charge dans un… poulailler. Ses ressources ? 6 000 dinars comme pension de retraite et 10 000 dinars comme pension de victime du terrorisme.

Il faut dire que depuis le massacre de Diss, commis le 31 août 1997 par un groupe de 28 éléments, cinq de ses neveux qui ont eu leurs parents égorgés sont passés aussitôt sous sa responsabilité. M. Belgacem Hallaf, 46 ans, garde communal depuis 1995, a trois enfants scolarisés.

Il a toujours reçu sa solde de 7 000 dinars par mois puis a été désarmé trois ans plus tard, suite à une blessure reçue dans une embuscade à Chahm El-Atrouss, commune de Sidi Boutouchent. «Les gardes communaux dépendaient, au début, directement de la wilaya.

Mais depuis que nous sommes passés sous l'autorité des communes, nous ne recevons plus rien. Les allocations familiales ont aussi disparu depuis 2000, sans que l'on comprenne pourquoi.» Quel lien y a-t-il entre les deux ? A priori aucun, mais les concernés attestent unanimement de la véracité du fait.

«Lorsque nous posons la question, on nous répond qu'elles vont être versées, mais elles n'arrivent jamais», explique Belgacem avant d'ajouter : «Je reçois 9 000 dinars de pension de blessé, mais de manière irrégulière. Alors, je ne sais jamais comment m'y prendre dans mes dépenses.» Il tient à raconter son histoire : «On devait opérer des coupes d'arbres sur les bords d'une route en montagne pour dégager le passage et éclaircir les lieux infestés de terroristes lorsqu'on a découvert des casemates.

On en a informé les gendarmes. Ces derniers n'y croyaient pas et nous ont demandé de continuer le travail. Un matin, c'était samedi, cinq gardes communaux ont été tués, ainsi que sept citoyens. Deux autres ont été blessés.» Dans la salle, on évoque un certain Bahri Cheikh qui a perdu les deux yeux lors de cette attaque.

Avant de terminer, il n'omet pas de s'indigner : «On s'est sacrifiés pour protéger le pays en se portant volontaires, puis on a été désarmés et livrés en pâture aux terroristes et à la misère.» Ghachir Ahmed, la quarantaine, chômeur, quatre enfants plus trois frères de 16, 18 et 21 ans à sa charge.

Il a perdu 17 membres de sa famille dont ses deux parents. Il perçoit 8 000 dinars de pension de victime du terrorisme, mais son souhait le plus cher est de trouver un travail : «Je suis prêt à faire n'importe quoi, gagner un salaire par la force de mon travail, pourvu que je gagne dignement de quoi nourrir ma famille, m'occuper pour chasser les idées noires.» Le jeune homme qui n'a pas fini de torturer une cigarette entre ses doigts s'agite avant de lâcher : «Parfois, je perds la raison et je pense me donner la mort.» Le travail, comme première priorité, mais aussi le souci du gîte ensuite, car, raconte-t-il : «Ils nous ont déplacés au lendemain du massacre.

Depuis, je vadrouille […]. Déjà, en 1997, le chef de daïra que j'avais enfin réussi à voir m'a demandé de retourner où j'étais avant le massacre. Il n'a eu aucun respect pour ma douleur. Comment pourrais-je m'abriter dans des murs qui portent encore le sang des miens massacrés, alors que leur souvenir est encore vivace ? Aujourd'hui, sept ans plus tard, ces responsables nous demandent encore de patienter.» Kasmi Kheira, mère de six enfants, a perdu son mari à la suite de l'explosion d'une bombe le 16 janvier 1996.

«Je recevais 7 000 dinars au début. Maintenant, ma pension est passée à 10 000 dinars.» Si l'on devine bien que la somme doit difficilement couvrir les besoins essentiels de survie, la dame exprime en revanche son incapacité à payer le loyer dû à l'OPGI (Office de promotion et de gestion immobilière) avec l'appréhension permanente d'être expulsée de son logement.

On se rendra compte plus tard qu'elle n'est pas seule à vivre cette situation. Des mises en demeure verbales semblent avoir été adressées aux nombreux locataires qui ne s'acquittent plus de leur loyer. Quand on sait que c'est, entre autres, par ces loyers que cette structure couvre ses dépenses, on devine qu'elle se trouve en mauvaise posture.

La même dame évoque, en larmes, la situation dont souffre son fils âgé de 17 ans, affecté dans un lycée situé à 35 kilomètres de là, à Khemisti, en dépit d'une «moyenne qui lui permet d'être aisément inscrit au lycée de sa résidence».

«Il fait le va-et-vient quotidiennement, ce qui me coûte 200 dinars, et il ne rentre qu'à la nuit tombée. Il n'a personne là-bas, et je ne suis jamais tranquille avant qu'il soit rentré.» Le secrétaire de wilaya de l'Organisation des victimes du terrorisme avait adressé à la Direction de l'éducation une requête dans laquelle il expliquait la situation de l'adolescent, en même temps que celle de trois autres de ses camarades, également victimes du terrorisme.

Il a reçu, en date du 27 septembre 2004, une réponse négative de la part du directeur de l'éducation de la wilaya de Tissemsilt. Mais quelle ne fut sa surprise d'apprendre que la demande du fils du dentiste, véhiculé de surcroît, a été aussitôt satisfaite.

La même dame évoque la maladie de sa petite fille qui a assisté à la mort de son père et qui souffre, depuis, d'étranges maux de tête. «Sa maîtresse d'école me dit tout le temps qu'elle se plaint de ses douleurs et qu'elle n'arrive pas à travailler.

Je n'ai pas les moyens de la soigner.» Wali Fatma, mère de neuf enfants dont quatre scolarisés, veuve depuis que son mari a été enlevé en 1995. Trois jours plus tard, elle l'a retrouvé coupé en morceaux devant sa porte. Elle ne s'en est toujours pas remise.

Etrangement silencieuse, incapable de nous expliquer sa situation, c'est sa fille, une adolescente, qui déballe les déboires de la famille. Très inquiète, l'adolescente avertit : «L'huissier de justice nous a signifié que si on ne payait pas les retards de loyer, on serait expulsés».

Ces arriérés de loyer représentent six fois la pension de 10 000 dinars, c'est-à-dire 60 000 dinars. Les payer relève de l'impossible. La jeune fille déplore qu'elle ait été contrainte d'abandonner ses études. «J'avais de bonnes notes, mais les enseignants ne prennent pas en considération notre situation de démunis lorsqu'on ne ramène pas les articles scolaires exigés.

Les enfants passent leur temps à transporter l'eau potable chez eux.» Celle qui a sacrifié ses études s'occupe désormais de toutes les tâches de la famille. Sa mère, qui se tient tranquillement à côté d'elle, semble lui avoir légué le rôle de chef de famille.

La fille poursuit : «Chaque fois que ma mère tombe malade, je n'ai même pas le droit d'avoir une ambulance pour la transporter à l'hôpital. Quand je montre ma carte de victime du terrorisme, on se moque de moi ; et cela me blesse énormément.» Des mesures infondées Nous n'évoquons là que quelques-uns des cas que nous avons rencontrés par devoir d'honorer notre promesse de transmettre leur mécontentement.

A côté des aléas du quotidien, ils partagent tous des situations pour le moins saugrenues et auxquelles ils ne trouvent toujours pas d'explication, entre autres la suspension des allocations familiales de 600 dinars par enfant sans raison.

Aussi, certains d'entre eux ont vu soudainement convertir leur pension permanente de 8 000 dinars par mois au titre de victime du terrorisme en un capital décès de 960 000 dinars d'où ont été soustraites toutes les mensualités perçues jusque-là, et ce, sans aucune explication.

D'autant plus que d'autres ayant le même statut ne sont pas touchés par la même mesure. Ce qui les laisse du jour au lendemain face à une somme dérisoire, qui s'épuise de jour en jour, et à l'anxiété qu'engendre une telle situation : «Et plus tard, que va-t-on devenir ?» La jeune fille s'explique : «Nous ne sommes pas résignés à vivre de nos seules pensions, mais qu'on nous donne la possibilité de travailler.

Nous sommes des gens braves et travailleurs.» Des logements évolutifs bloqués depuis 1998 M. Bahri évoque un sujet qui lui tient à cœur, celui relatif aux logements évolutifs destinés aux familles victimes du terrorisme. Un dossier pour lequel il se bat depuis des années, documents à l'appui.

Le différend comprend deux aspects. D'abord, la qualité des «carcasses» évaluées par les autorités à 200 000 dinars et dont les bénéficiaires doivent poursuivre les travaux. Une évaluation contestée au regard de l'état réel de ces carcasses.

Selon nos interlocuteurs, elles ne vaudraient pas plus que 80 000 dinars, en plus du fait qu'elles sont très mal dimensionnées, «un mètre sur deux la pièce», nous indique-t-on. Le deuxième aspect touche à leur emplacement. Faisant partie d'un même programme de 600 logements évolutifs, les premiers 316 logements ont été initiés en milieu urbain, alors qu'il a été décidé que les 284 restants soient érigés dans des zones rurales, sachant que les bénéficiaires sont originaires de zones urbaines.

C'est ce qu'explique M. Bahri dans une lettre adressée au ministre de l'Habitat en date du 12 septembre 2004, l'invitant à intervenir «pour faire redémarrer un projet bloqué depuis 1998». Des échantillons que nous avons jusque-là rencontrés dans les wilayas de Chlef et Tissemsilt, une seule leçon à tirer : Oui pour la paix, mais pas avant la justice et la dignité.

Y. F.

 

 

 

 


Posté le 26/04/2008 | 27 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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